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journal 2008

Bio/Ecritures

5 pluviôse 215 (Fabre d'Eglantine) (1)

Julka dort pour la 1ère fois dans un grand lit et dort toute la nuit ! Succés total !

Cela fait bientôt un moi que je suis en mauvaise santé. Mon atelier fait de ciment et ouvert au vent du Nord n'arrange rien. Je regrette le Normandie bien moins humide...Pourtant j'ai tellement envie d'avancer.

ARTDUNU. Patrick Le Fur m'a proposé de participer à NUDE ART TODAY (édition Patou). Pour ce faire, j'ai réalisé " Le salut de midi "et " Le Marzoute au long microphone " (que j'ai envie d'appeler "Star accadémie"...). J'ai dans ma tête, le dessin exact du prochain projet. Des personnages qui seront peut-être féminins aident à porter le sexe énorme d'un homme un peu à la manière de ces incas qui portaient le serpent sacrificiel dans "Le temple du soleil" d'Hergé.

Pourquoi ces érections ? Alors qu'elles sont presques omniprésentes dans les pétroglyphes (âge de bronze scandinave) sous forme de personnages ithyphalliques, elles semblent totalement disparaître avec l'avènement du christianisme. Peut-être permet-on juste à deux/trois diablotins des gargouilles de service de bandocher légèrement...
Je ne parle évidemment pas des dessins licencieux des 18/19 ème siècle qui circulaient sous les manteaux ou qui vous conduisaient en prison.

Heureusement avec des artistes comme Georges Grosz, Picasso, Larry Rivers et d'autres, ça va enfin rebander un peu dans les galeries et musées d'occident ...

Je regarde les travaux des artistes du site "artdunu.com" et là, à ma grande surprise aucune érection...Des seins de femmes durs comme de la pierre, des tétons d'acier, des fesses casses-noisettes, mais aucun fiers et vigoureux membres mâles...


Passe encore que pour une écrasante majorité d'artistes, le nu soit de suite associé à la femme, mais le plus grave c'est quand homme il y a, pas d'érection.

C'est le contraire de ce que représentaient les artistes chamaniques et animistes d'avant la chrétienté !

L'artiste : mirroir de son époque ? Cela voudrait-il dire que depuis G. Brassens, on ne bande plus ? Je ne vois là qu'hypocrisie car paradoxalement, on est submergé (internet en 1er) de pornos où là, ça bande un max. On y trouve même des sexes mâles ahurissant de volume comme quoi la vérité dépasse la fiction...

Mon analyse est la suivante: Je pense que l'esthétique du nu version "artdunu.com" (exeption pour des artistes comme Arno) est dans l'état actuel des choses assez fidèle à celle qu'auraient apréciés les rédacteurs de certaines saintes écritures des jardins d'Eden du Moyen orient. Personnellement , je vois là, un manque de courage de sincérité et d'engagement mais beaucoup de conventionnalisme...

Une part de notre culture reste à redécouvrir ! J'arrive !


Bloqué à l'intérieur de mon petit pavillon de banlieue à cause d'une bronchite et ne pouvant pas travailler sur mon projet aluminium-ithyphallique dans un atelier humide et froid, au grand détriment de l'équipe de Artdunu.com qui attend mes productions, j'ai écrit et illustré les aventures du
grand Marzoute, totalement inspirées de certaines pages de mon adolescence débridée.
9 nivôse

J'envoie "J'm'en balance" à Ben mais il ne la reçoit pas. Réclamation à la poste. Pauvre service public...


6 nivôse

Insomnie...Je me raconte...Comme mes ancêtres oréolés de leur paganisme, chamanisme, animisme qui se mirent à grignoter de temps à autre des morceaux de culture chrétienne, ma rencontre avec l'art s'est faite progressivement.

L'art contemporain m'était à la fois proche et lointain. Présent dans mes souvenirs d'enfant de six ans, lorsque ma mère me confiait à la rédaction d'Artitude pour me garder et où je dévorais des Luky luke dans le même bureau où mon oncle rédigea ses évangiles de l'art des années 70.

Combien aurait aimé être à ma place...

A l'époque mes goûts d'enfant me portaient davantage à aimer les oeuvres du Douanier Rousseau et de Paul Gauguin.

Mon oncle, avec son engagement total et visionnaire a toujours été très occupé, trop investi dans son oeuvre pour apporter sa touche à mon éducation ou pour simplement passer du temps avec moi.

Mon besoin créatif, et cela a peut être été ma chance, est né par hazard et d’une manière instinctive. Issu d’une frustration, d’un mal-être identitaire qui faisait suite à douze mois d'armée oùje me suis senti comme mouche dans toile d’araignée, c’est avec ma première métamorphose de chaussure qu’il m’a semblé me retrouver.

Loin des problématiques artistiques, je me jetais avec gourmandise dans mon travail. L’appel de l’art qui résonna en moi était le même que celui de ces artistes des asiles d’aliénés chers à l’art brut. Mon travail m'était une cure.

Cependant, je gardais le souvenir de ces prestigieux acteurs de l’art des années 60/70, qu’enfant, il m’avait été donné d'apercevoir. Je ressentais inconsciement des sentiments contradictoires mélés de respect, d’imcompréhention. Il est possible que la présence d'humour et de dérision dans mon travail a été comme une réaction à leur encontre.


(1) institué le 24/10/1793 (ou 24 vendémiaire) et bazardé par Napoléon...
vendémiaire, brumaire, frimaire/ nivôse, pluviôse, ventôse/ germinal, floréal, prairial/ messidor thermidor, fructidor



Philippe Pluchart 0631940016/ 0142462914 - mise a jour : 25 déc 2008 | philippepl@yahoo.se

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