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Saintes écritures
Pluchart, un
charmant garçon,
peint des chaussures
dans ses chaussures, il n’aurait
rien mis que des charlottes aux pommes
et des charlataneries.
Avec sa charrette, il va,
chaque samedi,
dans les décharges et recueille
en chaussons car l' hiver,
il n’a pas assez de charbons
pour chauffer ses ortillons.
Ceux qui l’ont charrié,
ou bien charcuté,
écoutez cette chanson :
Pluchart les pardonne.
Pluchart donne son pardon.
Ho ! ce n’est pas charité
car, tout charmant qu’il soit,
avec son charivari, s’il n’avait
goûté aux chardons de la vie,
vu les charniers du monde
et ses charcuteries,
ces chaussures bonnes
pour la charpie que
les charognes d’hommes jettent sans merci.
Il les charrie chez lui
pour les recharger d’âme
et de poésie.
Sauveur d'âmes
"Dans "les trappeurs parisiens", Imbert dresse le portrait d'un curieux personnage du siècle dernier : le sauveur d'âmes. Ses contemporains affirmaient qu'il en avait sauvé plusieurs milliers au cours de sa carrière. Approvisionné régulièrement par son compère le chiffonier, il entassait dans l'obscurité de son échoppe toutes sortes de vielles chaussures. Sa spécialité consistait à récupérer cette partie essentielle du soulier nommé "âme" et à l'introduire dans une nouvelle chaussure. Par ses soins, une fois lavée et séchée, l'âme connaissait une deuxième vie."
"Métiers oubliés de Paris"
L. Berreuet-G. Laurendon éd. Parigramme